Dans quelques jours, vous donnerez deux concerts à la Réunion. Connaissiez-vous déjà l'île ? Non, c'est la première fois que je me rends à la Réunion. J'ai beaucoup entendu parler de l'île. On raconte qu'il pleut tout le temps, que l'eau n'est pas belle et qu'à la place du sable, il n'y a que des galets... Non, je plaisante ! Tous les amis qui ont séjourné à la Réunion ne m'ont dit que du bien de l'île. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je resterai une semaine pour pouvoir me reposer et profiter du soleil. Le plus important, c'est la tournée, bien entendu ! Après mon concert à la Réunion, je me rendrai à l'île Maurice.
Qu'allez-vous proposer au public réunionnais ? Un concert traditionnel acoustique avec des influences des Caraïbes, du reggae... Je présenterai les titres de mon album et quelques reprises. Si l'ambiance est bonne, j'improviserai jusqu'à pas d'heure.
Racontez-nous comment vous êtes tombé dans la musique. Il paraît que c'est à la suite d'une maladie... C'est vrai, à l'âge de 14 ans, j'ai été immobilisé sur le lit à cause de la polyarthrite. Je suis resté presque une année sans bouger. À l'époque, je jouais beaucoup au tennis, j'ai dû trouver une autre occupation. C'est ainsi que j'ai commencé à m'intéresser à la musique. Je passais mon temps à jouer de la guitare et de l'harmonica, et à écouter mes artistes préférés.
Le succès n'a pas été immédiat. On raconte même que vous avez fait la manche dans la rue pour vous en sortir... Oui, je chantais dans les rues de Saint-Tropez. Je n'ai pas fait la manche parce que j'étais à la rue, c'était simplement pour vivre une aventure. Avec un pote percussionniste, nous jouions dans la rue et à la nuit tombée, nous dormions dans la voiture. J'avais 18 ans et ça me faisait délirer. J'ai toujours été un peu en marge des autres. Mon objectif à ce moment-là, était de me faire repérer, d'enrichir mon carnet d'adresses.
Ça a marché ? En faisant la manche pendant deux ans, je suis parvenu à me faire remarquer par les restos et les petites boîtes qui m'invitaient à chanter chez eux. En six années, j'ai enchaîné 200 concerts. Puis, je suis allé à Paris avec mes compositions pour tenter ma chance dans la capitale.
Votre personnage dans la comédie musicale Le Roi Soleil vous a révélé au public. Auriez-vous connu une ascension aussi fulgurante, si vous n'aviez pas obtenu de rôle dans la pièce ? Je l'ignore... L'aventure aurait sans doute été plus longue. En trois ans de tournée, j'ai chanté devant 5 000 personnes chaque soir, ça m'a aidé dans ma carrière. Je l'assume et je suis heureux d'être passé par là. Maintenant, je ne prédis pas l'avenir, je ne sais pas si j'aurais fait un aussi beau parcours sans Le Roi Soleil.
Votre premier album, Mon Paradis, est un succès qui a remporté plusieurs prix. Que demander de mieux ? Que ma carrière continue comme ça pendant des années. Je suis peut-être de passage, comme beaucoup de jeunes artistes. La mode consommation est terrible : les têtes passent et s'oublient. Je veux continuer à prendre la route, rencontrer les gens chez eux, chanter... Je veux seulement que ça dure.
Les paroles de vos chansons sont très fortes. D'où puisez-vous l'inspiration ? Il s'agit d'un album autobiographique qui retrace quelques moments de ma vie sur ces dix dernières années. Me dévoiler, c'est ma façon d'être sincère avec le public. J'ai tenu à écrire la plus grande partie de l'album et j'en suis fier. J'ai 30 ans, et il me ressemble beaucoup.
D'après certains journaux nationaux, votre succès a éveillé la jalousie d'Emmanuel Moire, votre comparse dans Le Roi Soleil, dont l'album ne serait pas autant plébiscité que le vôtre. Démentez-vous ? La presse le dit, mais je suis persuadé du contraire. J'ai toujours été en bons termes avec Emmanuel et je ne crois pas qu'il soit jaloux de mon succès. Je ne suis pas dans sa tête... En tout cas, ce serait dommage de penser comme ça.
Que pensez-vous des émissions de télé-crochet comme la Star Academy ou La Nouvelle Star ? Auriez-vous pu y participer ? Participer à une émission de télé-crochet est un moyen comme un autre de se faire remarquer. Je ne suis pas contre le principe. J'aurai même pu le faire, si je n'avais pas été aussi pudique. Il y a quand même quelques aspects de ces émissions qui me dérangent. Je n'aurais pas pu me laisser filmer en permanence, par exemple. Et puis, il y a un côté dangereux à être aussi rapidement médiatisé : on peut facilement prendre la grosse tête.
Vous-même, avez-vous pris la grosse tête à un moment ou à un autre de votre carrière ? J'essaye de bien garder les pieds sur terre. Je vis sereinement et je côtoie les mêmes potes depuis des années. Et à chaque fois que j'en éprouve le besoin, je vais me ressourcer auprès de ma famille dans le sud de la France.
Quel est le meilleur moyen de percer dans la musique ? Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent faire carrière dans le milieu ? Tout simplement de prendre son temps pour écrire et composer. Il faut trouver sa couleur musicale, faire des choix et les assumer. Bref, être en phase avec soi-même.